Boîtes et croquettes, enquête sur: La malbouffe des animaux. Article de Générations novembre 2005

Boîtes et croquettes, enquête sur: La malbouffe des animaux. Article de Générations novembre 2005
Aujourd’hui, on impose aux chiens et aux chats des aliments préparés avec des restes impropres à la consommation, qui font de vos compagnons à quatre pattes les otages des vétérinaires.
Il y a quelques jours, un lecteur nous a posé une simple question: «Qu‘y a-t-il dans une boîte de nourriture pour chiens ou pour chats?»
Pour des raisons pratiques et économiques, la majorité des propriétaires de chiens ou de chats nourrissent aujourd'hui leurs compagnons à de croquettes ou de boîtes d'aliments conditionnés, dont la publicité est largement relayée par la télévision. «Mon chat achèterait Whiskas...», prônait l'une d'entre elles. Pas forcément, s'il savait lire!
Il suffit de détailler les étiquettes de nourriture pour chiens et chats pour comprendre que ces derniers ingurgitent tous les restes impropres à la consommation humaine.
Prenons une boîte de nourriture pour chat au hasard : une terrine de veau de 100 g de la marque Sheba achetée Fr. 1.15 à la Coop.
La composition figure, en lettres minuscules, au dos de la boîte. On y lit ceci: protéines brutes 10%; matières grasses brutes 4,5%; cendres brutes 2.5%; vitamine E, 8 mg par kilo: viande et sous-produits animaux, avec au minimum 4% de veau. Humidité, 81%. Cela signifie en clair que plus des quatre cinquièmes sont constitués d'eau. Essayez de cuire l'aliment (gare à l’odeur!). Au bout de quelques minutes, il ne restera qu' un petit morceau informe au fond de la boîte...
Mais il y a plus grave. Par viande et sous produits d'animaux, il faut comprendre tous les restes d'abattoirs, comestibles ou non.
Dans son ouvrage intitulé Un Vétérinaire en Colère, le Canadien Charles Danten donne quelques pistes. «L’industrie agroalimentaire trouve dans la nourriture pour animaux, un débouché inespéré pour ses restes... Non seulement les abats, les pattes, les articulations, le contenu intestinal, les poils, les plumes, les têtes, les nageoires, les arêtes de poisson sont recyclés, mais aussi les quartiers de viande rejetés par les inspecteurs des abattoirs.» On peut également y trouver des cornes, des sabots, voire... des cadavres de chiens et de chats.
En outre, les substances utilisées pour rehausser Ia couleur ou la saveur de ces aliments et pour en assurer la conservation peuvent être, à long terme, dangereuses pour leur santé. Alors qu'ils sont interdits à
la consommation humaine, on trouve dans certaines boites pour animaux plusieurs substances chimiques aux noms aussi poétiques que sulfite de bisodium, nitrite de sodium, propylène de glycol et on en oublie.
Selon les vétérinaires américains Alfred Plechner et Martin Zucker: «60% des problème cutanés constatés par les vétérinaires seraient reliés à des allergies alimentaires.» Les chiffres ne sont certainement pas inférieurs dans nos contrées.
 
CROQUETTES PRATIQUES
Propres, pratiques, prêtes à l'emploi, les croquettes se retrouvent dans les gamelles de la majorité de vos petits compagnons. Dans un article de: Courrier des Bêtes, édité par la Société vaudoise de protection des animaux (SVPA), paru en avril 2004, on analysé la composition des croquettes. Qu'y trouve-t-on? «Des surplus de boucherie (viandes diverses, abats et graisses) dont la provenance est en principe contrôlée, des légumes de second choix qui sont hachés, cuits et desséchés, des surplus de céréales moulues. On en fait une pâte, puis on incorpore des corps gras, des exhausteurs de goût chimiques, des vitamines de synthèse, des liants, des agents conservateurs et du sel. 
Au chapitre des reproches, l'auteur dénonce l'absence de ferments et de vitamines naturelles, qui sont détruits parla chaleur de la stérilisation. Cela contribue à diminuer l'immunité du chien à l'égard des maladies infectieuses et chroniques, en particulier pour le bon fonctionnement des reins, du foie et des intestins. «L’adjonction à hautes doses de vitamines de synthèse ne remplace pas les vitamines naturelles contenues dans la viande crue, dans les fruits et dans les légumes. Un excès de sel est nocif pour les reins et le cœur. 
Et s'il arrive que votre chien, nourri exclusivement de croquettes, mange les crottes des autres chiens ou du crottin de cheval, c'est qu‘il cherche simplement à absorber les ferments, les vitamines et la flore intestinale qui lui manquent. Les chiens alimentés par une nourriture sèche sont plus fréquemment victimes de torsions d'estomac et les chats souffrent d'un blocage des reins (calculs rénaux) s'ils ne boivent pas suffisamment après avoir absorbé leurs croquettes.
 
Gare à l’obésité! 
Ancien vétérinaire et président de la SVPA, le Dr Samuel Debrot connaît bien les besoins des chiens et des chats. 
Responsable du refuge de Sainte-Catherine, situé au Chalet-à-Gobet, il est favorable à une nourriture variée. 
«La nourriture en boites contient entre 7 et 9% de protéines. Or, on en trouve 20% dans la viande fraîche. 
Les boîtes sont constituées de beaucoup de graisses végétales et animales, qui peuvent conduire l'animal à l'obésité. 
Je considère la nourriture en boîtes et les croquettes comme des aliments artificiels. 
Chez nous, au refuge, on préfère donner à nos pensionnaires de la viande fraîche» (lire encadrés). 
Comment déterminer, parmi l'énorme choix d‘aliments conditionnés proposés sur le marché, lesquels sont bons ou mauvais pour les chats et les chiens? 
Les étiquettes donnent des indications sur la composition, dit le Dr Debrot, mais aucune indication sur la qualité des ingrédients utilisés. Les chiens sont des goinfres, qui bâfrent tout. En revanche, les chats sont très gourmands. Si l'odeur ne leur plaît pas, ils refusent de manger...» 
Malins, certains fabricants ajoutent des substances apéritives qui ouvrent l'appétit de Minet, qui n'y voit que du feu! Les produits vendus sur le marché suisse sont-ils ou non impropres à la consommation? 
C'est la question que nous avons posée à Heinrich Boschung, responsable du contrôle alimentaire des animaux de compagnie à l'Institut fédéral agroscope de Posieux (FR). «Nous contrôlons si la composition des aliments correspond à la loi. Mais on ne peut pas analyser les ingrédients, car ils sont homogénéisés. En Suisse, on a une plus ou moins bonne qualité. On n'a jamais trouvé de mauvais produits, mais on ne les connaît pas tous, il y en a tellement sur le marché.» Une réponse de Normand qui démontre bien la complexité du problème. 
Faudra-t-il attendre qu'une épidémie du «chat fou» ou du «chien fou» se déclare, pour réaliser à quel point les géants de l'agroalimentaire jouent avec la santé de nos petit compagnons? 
Jean-Robert Probst
 
LE MENU IDÉAL DU CHIEN 
La ration d'un chien doit contenir une moitié de viande rouge (contenant 1/3 de gras) et une moitié de céréales cuites ou des légumes verts hachés, de l'argile et des fruits. Il faut compter 300 g de cette ration pour un chien de 10 kg. Deux fois par semaine, lui donner un os cartilagineux à ronger. Préférer la viande de bœuf ou de mouton. Après son repas, le chien doit se reposer pour digérer normalement. De 3 a 6 mois, le chien mange trois repas par jour. De 6 mois à un an, deux repas. Dés un an, un repas le soir. (Source: SVPA)
 
LE MENU IDÉAL DU CHAT 
Un chat mange de la viande crue de bœuf (qui contient de la taurine, un acide aminé indispensable à sa santé) ou de mouton, du poulet, du poisson et, en cas d‘urgence ou de disette, de la viande en boîte. Toujours tiède. Il faut éviter les abats. Le poumon est sans valeur nutritive. L'herbe à chat favorise une bonne digestion. Le chat boit de l'eau, mais pas de lait, car il ne supporte pas la lactose, qui lui don-ne la diarrhée. En le nourrissant exclusivement de granulés, vous irez plus sou- vent chez le vétérinaire. (Source: SVPA)
 
Renseignements: 
Centre SVPA,
tél. 021 784 80 00 ou www.svpa.ch 
 
DES BOÎTES «PROPRES» 
Le fabricant d‘origine suédoise Anifit, assure ne pas utiliser de colorants chimiques, d'agents conservateurs ou d'additifs. Ses boites contiennent exclusivement de la viande admise pour l'alimentation humaine, à hauteur de 60%.

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